La génétique chez le chien

On répertorie environ 350-400 races de chiens enregistrées, et la majorité de celles-ci existent depuis à peine une centaine d’années. Peu de gênes différencient le Chihuahua de 2 kilos du Grand Danois de 75 kilos. Naturellement, ces différences en apparence et en tempérament sont le résultat d’interventions humaines. La nature aurait en effet eu besoin de beaucoup plus de temps pour faire apparaître de telles différences et, surtout, elle n’en aurait probablement pas eu le « besoin ».

Ce sont les besoins humains qui ont motivé l’homme à faire des croisements : d’abord, fonctionnels, pour la chasse ou la garde, notamment, et puis par plaisir et, probablement, par curiosité. Le teckel, par exemple, est issu d’un croisement entre un chien de chasse, le basset, et les terriers. S’en résulte un petit chien rapide, court sur pattes, qui peut se glisser dans les terriers pour aller chercher les proies aux chasseurs. La taille et la musculature de certaines races les rendent assez fortes pour la chasse à courre avec des proies de grande taille, comme des sangliers, ou leur confèrent une apparence assez dissuasive pour monter une garde convaincante. De la même façon, on a tenté de faire des chiens de plus en plus petits, avec des attributs mignons, créant des races comme le Poméranien ou le caniche toy.  Comme les chiens sont domestiqués et que l’homme s’occupe de leur survie (la plupart du temps!), la sélection naturelle n’intervient pas, de sorte que toutes ses races aux conditions physiologiques très différentes, et pas toujours « efficaces », peuvent se perpétuer.

Selon le National Geographic, ces différences de grosseur, de taille et de type de poils, de forme de museau, de position et forme des oreilles, de couleurs et les autres caractéristiques physiques sont le résultat de 50 croisements de gênes. Et chacune de ces caractéristiques est concentrée dans très peu de gênes. Par exemple, un chien aura des oreilles rabattues ou dressées, selon l’information du chromosome 10 (CFA10).

Regardez cette intéressantes illustration (en anglais), qui indique le genre d’associations de gênes possible et sa résultante sur le type de poil (sa longueur, sa texture et la présence de barbiche au museau) :

 

 

Si aucun de ses gênes ne sont en mutation, le chien aura un poil court et fin, comme celui du doberman. Fascinant, n’est-ce pas?

La génétique n’influence pas que l’apparence physique des chiens, mais aussi leur tempérament. Certaines races comme le mastiff tibétain sont très protecteur de leur maître et de leur territoire, alors que les chiens nordiques sont réputés pour être plutôt indépendants avec leur maître mais sociaux avec les gens. Des problèmes de comportement reliés à l’anxiété et au stress seraient eux aussi souvent de nature génétique, certains chiens ayant une fragilité qui ferait en sorte qu’ils soient anxieux peu importe leurs conditions de vie ou la façon dont ils ont été élevé.

La génétique est une vraie science, et les éleveurs consciencieux font en sorte que chacune de leurs portées fasse honneur aux critères de la race, tant par leur apparence que leur tempérament, et bien sûr, par leur santé, en évitant d’accoupler des chiens porteurs d’une maladie génétique.

L’étude de la génétique canine ne permet pas seulement de croiser de bons chiens en santé : elle aide aussi à la compréhension de la génétique humaine. En effet, la génétique très concentrée du chien, due aux croisements extrêmes très rapprochés dans le temps, permet d’isoler plus facilement certaines tares et maladies, ce qui nous donne ensuite de bons indices pour repérer la source de cette même condition dans le génome humain. Par exemple, l’épilepsie chez le teckel est causée par la mutation d’un seul gène, ce qui rend son étude plus simple, de sorte qu’il soit éventuellement possible de tirer des conclusions qui viendront en aide aux gens atteints par cette condition ou à leur descendance.

Le meilleur ami de l’homme? Oui, tout à fait!

 

Photo de National Geographic

 

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